Auteure : Manuella Chabrant-Molina, en collaboration avec Françoise Vaillant et Lydia Benaouda (enseignantes d’Histoire-Géographie et EMC). D’après une idée de Corinne Perret-Thomas. Lycée Charles Mérieux, Lyon

Amener les élèves à extraire des informations sur un même sujet à l’aide de l’Intelligence Artificielle générative d’une part et d’une exposition au musée d’autre part. Développer leur esprit critique sur les sources d’information en comparant les avantages et inconvénients des deux sources utilisées.
Pour cela, ils travaillent en groupes de 3 élèves et présentent oralement les connaissances acquises, et la comparaison des 2 sources d’information, en jouant le rôle de guide conférencier sur le site de l’exposition.

Ici, on utilise une exposition en lien direct avec le programme de SVT (et EMC et d’Histoire-Géographie) : l’exposition temporaire : « Épidémies, prendre soin du vivant » au Musée des Confluences de Lyon, qui fait un lien clair entre Histoire et Biologie et permet aisément de faire 6 groupes d’élèves travaillant chacun sur une épidémie.

Programme de SVT de sciences de la vie et de la Terre de seconde
BO spécial du 22 Janvier 2019
 
Corps humain et santé : Agents pathogènes et maladies vectorielles

Connaissances
Certaines maladies causées par des agents pathogènes sont transmises directement entre êtres humains ou par le biais d’animaux tels que les insectes (maladies vectorielles).
Les agents pathogènes (virus, certaines bactéries ou certains eucaryotes) vivent aux dépens d’un autre organisme, appelé hôte (devenu leur milieu biologique), tout en lui portant préjudice (les symptômes).
La propagation du pathogène se fait par changement d’hôte. Il exige soit un contact entre hôtes, soit par le milieu ambiant (air, eau), soit un vecteur biologique qui est alors l’agent transmetteur indispensable du pathogène (il assure la maturation et/ou la multiplication du pathogène).
Le réservoir de pathogènes peut être humain ou animal (malade ou non). La propagation peut être plus ou moins rapide et provoquer une épidémie (principalement avec des virus).
La connaissance de la propagation du pathogène (voire, s’il y en a un, du vecteur) permet d’envisager les luttes individuelles et collectives.
Les comportements individuels et collectifs permettent de limiter la propagation (gestes de protection, mesures d’hygiène, vaccination, etc.).

Capacités
Exploiter des données issues de l’histoire des sciences pour comprendre la découverte des maladies liées à des pathogènes à transmission directe et/ou vectorielle et leurs traitements.

Compétences transversales

  • Utiliser des outils et mobiliser des méthodes pour apprendre :
  • Recenser, extraire, organiser et exploiter des informations à partir de documents en citant ses sources, à des fins de connaissance et pas seulement d’information

Communiquer

  • Communiquer sur ses démarches, ses résultats et ses choix, en argumentant.
  • Communiquer dans un langage scientifiquement approprié : oral.

Utiliser des outils numériques

  • Conduire une recherche d’informations sur internet en lien avec une question ou un problème scientifique, en choisissant des mots-clés pertinents, et en évaluant la fiabilité des sources et la validité des résultats.

Compétences du CRCN

Document de référence : https://eduscol.education.fr/document/20389/download

  • Domaine 1 : Constituer une documentation sur un sujet
    • Compétence 1.3 Traiter des données
  • Domaine 2 : Communication et collaboration
    • Compétence 2.3 Collaborer
  • Domaine 5  : Environnement numérique
    • Compétence 5.2 Évoluer dans un environnement numérique

Objectifs de l’activité et sa place dans la démarche

Prérequis  : Activité introductive permettant de définir les agents pathogènes et modes de transmission.

Objectif

  • Comparer les informations apportées par l’IA générative et par le musée et faire preuve d’esprit critique.
  • Travailler en groupe
  • Travailler l’oral
  • Évaluer la pertinence d’une réponse obtenue par IA dans le cadre de l’enseignement de SVT (métacognition).

Configuration

6 groupes de 3 élèves par demie-classe correspondant aux 6 épidémies présentées.

Séance 1 : Recherche et extraction d’informations à l’aide de l’Intelligence Artificielle

Durée : 1h : fait sur une séance d’EMC par l’enseignant d’histoire-géographie ou en coanimation SVT-HG
Recherche d’informations permettant de compléter un tableau fourni par les enseignants à l’aide d’une intelligence artificielle sur leur sujet. Prise de notes manuscrites à partir des informations recherchées dans le tableau distribué.
Prise de notes des difficultés rencontrées dans l’utilisation de l’IA.

Séance 2 : Sortie au musée : Extraction d’information, finalisation de l’oral et passage à l’oral dans le rôle de guide conférencier

Durée : 2h30 en classe entière sur une demie-journée de TP SVT-PC, avec enseignant de SVT et d’HG qui encadrent.
1h : Recherche d’information et préparation de l’oral grâce à l’exploration de la zone du musée correspondant à leur sujet (leur épidémie ici) par petit groupe. Tableau débuter avec l’IA complété d’une autre couleur avec les informations et comparaison IA-musée prise en note.

Tableau complété par les élèves lors de la sortie

1h : Passage à l’oral à l’intérieur de l’exposition (rôle de guide-conférencier) par petit groupe de 3 élèves : Oral de 5 minutes pour chaque groupe avec une partie sur le contenu et une partie sur la comparaison des apports de l’IA et du musée (avantages et inconvénients de chacun). Prise de note par les élèves ne passant pas à l’oral.

Grille d’évaluation de l’oral

Séance 3 : Bilan et élaboration d’une méta-ressource (1h20)

Bilan des connaissances apportées

Bilan des avantages et inconvénients de l’IA à partir des tableaux complétés et oraux.
Élaboration d’une liste de critères pour évaluer si une réponse donnée par l’IA est utilisable pour un devoir maison ou exposé de SVT avec application sur un exemple (recherche sur un sujet de SVT autre) à l’aide du site ComparIA ( compar:IA, le comparateur d’IA conversationnelles) qui interroge deux IA en parallèle et permet d’évaluer les IA et de connaître l’impact écologique de chaque IA utilisée.
Questionnement sur comment évaluer ces critères et améliorer la réponse obtenue (prise de notes au dos du document distribué).

Exemples de réponse d’élèves :
Critère 1 :

Comment dialoguer avec l’IA pour obtenir une meilleure réponse si le critère n’est pas respecté ?

Critère 2 :

Comment dialoguer avec l’IA pour obtenir une meilleure réponse si le critère n’est pas respecté ?

Critères :

Comment dialoguer avec l’IA pour obtenir une meilleure réponse si le critère n’est pas respecté ?

Lors de la première séance d’utilisation de l’IA, nous avons constaté que peu d’élèves savent réellement l’utiliser : certains ouvrent une nouvelle page à chaque prompt, l’utilisant comme un moteur de recherche, d’autres copient des textes qu’ils ne comprennent pas, voire des phrases incorrectes grammaticalement et n’ayant pas de sens. D’autres élèves ont l’habitude de l’utiliser mais un seul élève est capable de l’utiliser de façon pertinente et efficace.

La séance au musée a été bien investie par les élèves qui ont été actifs et impliqués. Le fait de faire la présentation orale sur place et immédiatement a eu l’avantage de les pousser à s’investir. Les oraux ont été, pour la plupart, de qualité pour les contenus disciplinaires. La comparaison entre les apports de l’IA et du musée a été traitée de façon inégale mais a donné lieu à des réflexions et interactions intéressantes.
L’utilisation de ComparIA (https://www.comparia.beta.gouv.fr/) a permis d’aborder, en plus du travail sur le prompt, la question de l’impact environnemental de l’utilisation des IA et de la protection des données personnelles.

Un premier retour des élèves : Retranscription de fragments d’interviews orales

« En fait, l’IA nous a donné une réponse très vite et très complète… mais quand on est allés au musée, on s’est rendu compte qu’il y avait des erreurs et qu’en fait, on n’avait pas compris correctement. On a mieux compris au musée, car il y avait des cartes interactives, des objets…  »
« En fait, on ne peut pas savoir si l’IA répond correctement si on ne sait pas déjà ce qu’on attend »
«  Quand j’utilise l’IA, j’ai parfois des bonnes notes, mais pas en SVT, ça ne marche pas parce qu’on demande d’analyser des documents »
« Je préfère l’IA au musée parce que le musée, c’est compliqué de comprendre et ça demande beaucoup de recherches, alors que l’IA, c’est rapide et plus complet et efficace »

  • La séance de bilan disciplinaire (juste après la sortie) et de bilan sur l’IA ont été faites en décalé dans le temps et il aurait été mieux de les faire sur la même séance, juste après la sortie.
  • Être très explicite sur le déroulé, les attendus et l’évaluation dés le début du projet.
  • Nécessite l’accès à des ordinateurs lors de la 1ère et 3ème séance.
  • Ce projet peut être fait dans un autre thème et niveau selon les expositions disponibles autour de l’établissement.

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