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Les collines de Lyon : des zones à risque géologique

Groupe formateur SVT académie de Lyon « stage programme SVT 2019 »

Document 1 : La géologie des collines de Lyon

Le socle cristallin est surmonté de différentes couches sédimentaires. La couche supérieure de la colline est constituée de sables et de graviers glaciaires (les moraines), laissant l’eau de pluie s’infiltrer. Juste en dessous se trouve ensuite une couche imperméable d’argile. A certains endroits, elle peut atteindre une épaisseur d’une vingtaine de mètres. En dessous de la couche d’argile, on trouve un mélange de sables (molasse) qui devient instable lorsqu’il est imbibé d’eau.

Document 2 : L’eau et la colonisation des collines de Lyon

Dès l’origine de Lyon, des habitations ont été construites sur les plateaux de la Croix-Rousse et de Fourvière. Pour assurer l’alimentation en eau des nouveaux habitants des collines, un réseau très dense de galeries a été creusé afin de capter les eaux de surface. Des puits ont été aussi creusés afin de puiser l’eau des nappes phréatiques localisées dans la molasse. Ce réseau dense de galeries permettait un bon drainage des eaux de pluie. Des murs de soutènement ont été aussi dressés ; ils présentent des ouvertures (les barbacanes) permettant l’évacuation des eaux d’infiltration.
Mais à partir de 1900, avec le développement du réseau public de distribution d’eau, les habitants de Fourvière ont peu à peu abandonné l’usage de leurs puits. Ceux-ci ont cessé d’être entretenus et se sont obstrués, bouleversant l’équilibre aquifère du sous-sol de Fourvière : en permettant l’évacuation de l’eau avant qu’elle ne s’accumule sur la couche argileuse, les galeries agissaient comme des soupapes de sécurité.

Document 3 : Éboulement du 13 novembre 1930 au niveau de la colline de Fourvière dans le quartier de Saint Jean

Le 13 novembre 1930, vers 1 heure du matin, le mur de soutènement du Chemin-neuf, placé au bas du jardin des Chazeaux, cède sous la poussée du terrain gorgé d’eau. Une partie de la colline de Fourvière s’écroule sur le quartier de Saint-Jean, notamment sur la rue de Tramassac et l’hôtel du Petit Versailles. Un peu plus tard, une deuxième coulée de boue beaucoup plus importante ensevelit 19 pompiers et 4 gardiens de la paix venus porter secours aux victimes. Le quartier est ravagé sur une zone de 400 mètres de long et plus de 200 mètres de large, des maisons sont coupées en deux. Il y eu en tout 40 morts.

Photographie de la catastrophe de 1930 et coupe géologique correspondante
(d’après « Géologie de Lyon » de Noël MONGEREAU)

Document 4 : Éboulements au niveau de la colline de la Croix Rousse

Le 31 juillet 1977 un éboulement entraîne l’écroulement de la partie nord de l’immeuble sis 14 cours d’Herbouville provoquant la mort de 3 personnes. La colline est constituée dans cette zone par la molasse surmontée d’un faciès argileux lui-même recouvert surtout par des remblais mis en place par l’Homme. Une nappe aquifère est située dans les formations de faible perméabilité. L’origine du mouvement est imputable à la rupture d’un mur de soutènement. La masse des terres libérées a entraîné en cascade d’autres murs, le tout percutant au final l’immeuble situé en bordure du cours d’Herbouville. Alors que les travaux de démolition des bâtiments sis 13-14 cours d’Herbouville étaient en cours, un effondrement des murs adossés à la colline s’est produit le 10 juillet 1981. Il met en cause les maçonneries elles-mêmes et en particuliers les défauts qu’elles pouvaient présenter.

Photographie de l’éboulement de 1977 prise au 14 cours d’Herbouville
(Archives du Progrès de Lyon) et Schéma extrait de « Géologie de Lyon » de Noël MONGERAU

Document 5 : D’autres glissements ont eu lieu sans faire de victimes

  • En 1983, en raison d’une pluviosité exceptionnelle, plus de 30 mouvements de terrain se sont produits sur la bordure des collines.
  • En 1997, rupture d’un mur de soutènement sur la RN6 dans le 9e.
  • En 1999, glissement chemin de Montauban suite à la rupture d’une canalisation vétuste d’eau.
  • En 2013, glissement montée de l’Observance. Un mur de soutènement est réalisé après la mise en sécurité du chantier piloté par la Métropole de Lyon.

Document 6 : Des mesures de surveillance, de prévention, mais aussi des travaux

Les propriétaires ont la nécessité d’entretenir les terrains et les murs de soutènement. Or souvent, les gens rebouchent les trous dans les murs (les barbacanes) parce que des pigeons y font leur nid. Une fuite, de l’eau qui va dans un terrain peut déclencher un affaissement du sol. L’eau doit s’écouler directement dans l’égout, rien ne doit empêcher sa course vers le Rhône ou la Saône.

La fontaine-cascade de la montée du Chemin Neuf a été inaugurée en 1963 par Louis Pradel, alors maire de Lyon, et est alimentée par les eaux de drainages de la colline de Fourvière.

Sitographie

Pistes d’exploitation

Partie du programme 2nde SVT 2019 concernées :
[…] l’activité humaine peut limiter ou favoriser l’érosion, entraînant des risques importants dans certaines zones du globe. Des mesures d’aménagement spécifiques peuvent limiter les risques encourus par les populations humaines.
Objectifs  : les élèves comprennent que l’érosion a des implications dans leur vie de tous les jours, tant du point de vue des matériaux utiles à l’humanité que des risques liés à l’érosion.

Localiser les accidents lors d’une sortie de terrain et/ou sur Google Earth.
Mettre en relation des informations extraites des documents pour préciser la nature des risques concernant ces collines puis pour montrer comment l’activité anthropique peut impacter positivement et négativement l’aménagement de cette zone à risque.
Manipuler : à partir d’échantillons d’argile, de sable proposer un protocole permettant de mettre en évidence leurs propriétés vis à de l’eau.

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